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En 1994 est paru un article
intitulé « Plutosidum : un remède homéopathique pour le sida1 », où se
trouvait exposée lhypothèse selon laquelle le plutonium, métal radioactif bien
connu pour son rôle déterminant dans larmement et lindustrie nucléaires,
était susceptible déclairer dun jour nouveau le douloureux problème du
sida, sous langle homéopathique il sentend. Cette hypothèse, purement
spéculative puisquaucune dilution homéopathique de plutonium navait jamais
été réalisée, reposait sur une convergence darguments tirés à la fois du
symbolisme astrologique la découverte du HIV en 1983 avait correspondu à
lentrée de la planète Pluton dans le signe du Scorpion et de multiples
rapprochements sur les plans biologique et radiopathologique. Le concept « Plutosidum »
était en fait celui dun remède homéopathique, en loccurrence le nitrate de
plutonium, envisagé comme remède dépidémie au sens où lentend Samuel
Hahnemann aux § 100 à 104 de lOrganon, cest-à-dire pour lequel la
similitude ne sétend pas seulement aux symptômes présentés par un malade pris
isolément, mais à ceux de la maladie infectieuse elle même, dans la mesure où ils sont
identiques chez tous les malades atteints. Cest dans cette perspective que Veratrum album avait servi à combattre lépidémie de
choléra qui sévit en Europe en 1830.
Quelque mince que fût lespoir
dobtenir un quelconque résultat dans une pathologie aussi grave et complexe que le
sida, lexpérience se devait dêtre tentée. Sur un plan pratique, le seul
obstacle réel consistait à disposer dune souche de nitrate de plutonium. Bien que
cela tînt fortement de la gageure, le Ciel, soutenu il est vrai par une ferme
détermination et par lenchaînement de quelques bonnes volontés, voulut que le
remède vît le jour : une souche dorigine française put être obtenue en raison de
la très faible quantité de matière radioactive mise en jeu (de lordre du
milliardième de gramme). Un laboratoire homéopathique français accepta alors de
réaliser des dilutions comprises entre 7 et 30 CH aux fins dexpérimentation chez
des patients séropositifs ou atteints de sida déclaré. Il devenait dès lors possible
de concrétiser le vu que nous formulions à la fin de notre exposé,
cest-à-dire deffectuer la pathogénésie du nouveau remède puis de
lexpérimenter chez des malades.
En fait les choses saccomplirent dans
lordre inverse, la mise en place dune pathogénésie demandant des moyens
difficiles à réunir dans de brefs délais. Un certain nombre de médecins prescrivirent
donc Plutonium nitr. chez quelques uns de leurs patients
porteurs du VIH, tandis que quelques mois plus tard un homéopathe anglais, Jeremy Sherr,
se proposait de réaliser la pathogénésie du nouveau remède au sein de lécole
quil dirige à Northampton, The Dynamis School For Advanced
Homoeopathic Studies. Enfin, un article paru récemment dans la revue
internationale Homoeopathic Links expose les résultats
dune seconde pathogénésie, réalisée à partir de la même souche par une équipe
allemande.
Mais avant den venir aux résultats
obtenus, dune part en expérimentation directe chez les malades, et dautre
part au cours des deux pathogénésies, cest-à-dire chez des sujets sains, on
rappellera succinctement la place de Pluton dans le panthéon mythologique, avant
daborder les grands thèmes du symbolisme astrologique de la planète et de citer
les principaux traits à la fois historiques et physico-chimiques du plutonium.
MYTHOLOGIE
Comme Jupiter et Neptune, Pluton est un fils
de Saturne et de Rhéa. Lorsque les trois frères se partagèrent lunivers après
que Jupiter eût détrôné leur père, chacun sattribua une partie du monde : à
Jupiter, le dieu souverain, échut lempire du ciel, à Neptune celui de la mer, et
à Pluton lempire souterrain ou empire des morts, cest-à-dire les enfers. Lui
revinrent également les richesses et les métaux précieux enfouis sous la terre,
doù son nom de ploutos (riche).
Situés au-delà du vaste océan qui entourait
la terre, les enfers étaient délimités par un fleuve souterrain charriant des flots
noirs, le Styx, au bord duquel les âmes des défunts étaient conduites par Mercure. De
là, elles traversaient le fleuve sur la barque du passeur Charon, en échange dune
obole quon avait placée entre leurs dents. Elles parvenaient ainsi devant la porte
des enfers gardée par Cerbère, le chien à trois têtes et à queue de dragon, puis
étaient jugées aussitôt : les héros accédaient à un lieu de délices, les
Champs-Elysées, et les mauvais étaient envoyés dans le Tartare pour y subir des
tourments éternels. Quant aux autres, ceux qui en quelque sorte avaient mené une vie
ordinaire, ils étaient voués à errer pour léternité dans le monde souterrain.
Parmi les dieux de lOlympe, Pluton est
celui sur lequel les poètes de lantiquité se sont le moins attardés et qui de ce
fait est demeuré le plus mystérieux. Le seigneur des enfers ne quittait que rarement son
domaine, sur lequel il exerçait un pouvoir sans partage : { monde
vague et ombreux, habité par des ombres } selon Homère, et dont nul ne revenait
jamais. La présence de Pluton sur la terre inspirait du reste un grand effroi aux hommes,
notamment en raison de son odeur méphitique et de sa réputation de justicier inflexible.
Cest précisément lors dune de ses brèves apparitions sur la terre que,
monté sur un char tiré par quatre chevaux noirs, Pluton enleva une jeune vierge du nom
de Proserpine, laquelle nétait autre que la fille de Cérès, déesse des moissons,
afin de lamener dans son empire et de ly épouser.
Pluton demeurait dans un palais entouré de
vastes étendues brumeuses et désolées, desquelles ne se distinguaient que quelques
cyprès et des champs dasphodèles. Il est souvent représenté siégeant sur son
trône, coiffé dun casque magique en peau de chien qui lui permettait de se rendre
invisible.
SYMBOLISME
ASTROLOGIQUE
La planète Pluton, dont la découverte
astronomique ne remonte quà 1930, sest vue tout naturellement attribuer par
les astrologues la maîtrise du Scorpion, signe dont les principales attributions
concernaient déjà la sexualité et la mort. Voici donc les grands axes de
linterprétation astrologique de Pluton, chaque notion étant intimement reliée aux
autres et devant être comprise comme une facette dun même symbole :
la mort :
- putréfaction, décomposition, désintégration, déchet (plan physique)
- deuil, perte, angoisse, suicide, autodestruction (plan psychique)
- décorporation, désincarnation, lumière blanche (plan spirituel)
le néant :
- anéantissement, destruction, ruine, extermination, holocauste
- vide, précipice, abîme, volcan, lave, chaos
- cataclysme, apocalypse
lobscurité : ténèbres,
mystère, secret, invisibilité, couleur noire ; tunnel, caverne, souterrain
le noyau :
centre ou principe obscur et caché, puissance étrange, fascinante, effrayante
larchaïsme : origines
lointaines et/ou oubliées, instincts (sexuel, de survie, de mort), caractères primitifs,
ancestraux, pulsionnels, refoulés, monstrueux
la bipolarité :
processus tendant à se radicaliser, à sinverser en passant dun extrême à
lautre ; principe de dualité, daltérité, dinversion
la transformation :
crise, mutation, passage dun état à un autre, résurrection, renaissance
la sexualité :
possession, passion, orgasme, extase, sublimation, initiation.
LE PLUTONIUM
Elément radioactif de nombre atomique 94, le
plutonium a été découvert en 1941 et appartient comme luranium au groupe des
actinides. Placé entre le neptunium (93) et laméricium (95) dans le tableau de
Mendeleïev, cest un métal très lourd2 qui peut se présenter sous 15
formes isotopiques différentes. En réalité, seul lisotope 239, dune
période radioactive3 de 24 065 ans, est utilisé en raison de son caractère
fissile : artificiellement provoquée par bombardement de neutrons, la décomposition de
son noyau en deux éléments plus légers saccompagne de lémission de 2 ou 3
neutrons, initiateurs dune réaction en chaîne ainsi que dune libération
considérable dénergie. La réaction en chaîne est contrôlée dans un réacteur
nucléaire, mais ne lest pas dans une bombe atomique : elle déchaîne alors le feu
de lenfer, comme lont rappelé lété dernier les images
dapocalypse du cinquantenaire dHiroshima et Nagasaki.
Sur le plan radiopathologique, on sait que le
rayonnement alpha émis par le plutonium est susceptible dendommager gravement le
noyau de la cellule, en particulier lADN, entraînant des réplications fautives à
lorigine de lésions cancéreuses ou de mutations génétiques. Cest
précisément le caractère mutagène de ce métal ainsi que son métabolisme particulier
notamment sa fixation dans les organes lymphoïdes qui nous avait conduit à
proposer son utilisation comme remède homéopathique dans le sida.
PREMIERES OBSERVATIONS
CHEZ DES PATIENTS SEROPOSITIFS OU ATTEINTS DE SIDA DECLARE
Ces observations ont eu lieu entre
lautomne 1994 et le premier semestre 1995. Il faut reconnaître demblée que,
malgré quelques améliorations transitoires, parfois spectaculaires au dire de certains
praticiens, et bien que le nombre de cas observés soit demeuré très faible, leurs
résultats se sont avérés décevants dans lensemble : sur neuf cas qui ont été
rapportés de façon détaillée, trois seulement ont manifesté des signes
damélioration relativement durable sur le plan clinique et/ou biologique. Ceci
oblige certes à renoncer, au moins pour cette formule, au concept de remède
dépidémie, mais Plutonium nitricum ne perd pas pour
autant son intérêt en tant que remède homéopathique « classique », comme nous
pourrons en juger.
Observation n° 1 du Dr M.-L.
Fayeton chez un patient atteint de sida déclaré. Celui-ci ne connaît pas la nature du
remède qui lui a été prescrit et par ailleurs ne présente pas à ce moment là de
maladie opportuniste. La prise dune dose unique de Plutonium
nitricum 12 CH provoque une forte aggravation de létat général pendant 3
jours : angoisse, sensation dêtre sur le point de mourir, fièvre, réapparition
danciens symptômes, notamment ceux dune toxoplasmose survenue deux ans
auparavant. Le malade exige quon le ramène à lhôpital pour y subir des
examens, puis il se manifeste spontanément une amélioration très nette de létat
général avec disparition de tous les symptômes morbides observés pendant
laggravation et sensation de bien être qui fait dire au malade « quil se
sent guérir ». Cette amélioration se maintient pendant une dizaine de jours, puis le
malade connaît une nouvelle dégradation de son état, ladministration dune
nouvelle dose de Plutonium 15 CH restant sans effet. Ce
malade est décédé depuis.
On notera sur le plan psychique les trois
rêves suivants, rapportés par le patient avant la prise du remède et qui ont conduit à
sa prescription :
- rêve quil est aux toilettes {psor.}4 et
quil marche dans ses propres selles {iod., ant-t., merc-i-r.} [S1].
- rêve que, monté sur un char, il donne de violents coups de
couteau {nat-carb.} entre les omoplates de ceux qui se trouvent devant lui et qui
lempêchent davancer [S2].
- rêve quil cherche à se mettre à labri car une
bombe atomique est en train dexploser au dessus dune place publique {rêve de bombes qui explosent : Gingko biloba5 } [S3].
Le patient a également fait part avec
insistance de son « désir de chasser le mensonge et de mettre ses pensées dans la
vérité, de proclamer et denseigner la vérité ».
Observation n° 2 du Dr Ph.
Barthelet chez un patient atteint de sida déclaré et dans une phase avancée de la
maladie (40 CD4). Ce malade, ancien toxicomane, est sexuellement impuissant depuis de
nombreuses années. La prise de 3 granules de Plutonium nitr.
6 CH, dabord trois fois, puis deux fois par semaine pendant 4 semaines, ne semble
pas avoir été suivie deffets sur les plans clinique et biologique : au contraire,
le patient souffre dune pneumopathie sévère et le taux de CD4 est tombé à 13. Il
est décédé quelques semaines plus tard. Notons toutefois un rêve particulier :
Observation n° 3 du Dr Ph.
Barthelet chez une jeune patiente séropositive dont les données biologiques laissent
présager une entrée imminente dans la maladie. La prise de trois globules en 24 CH une
fois par semaine pendant quatre semaines na pas empêché, sur le plan biologique,
une légère diminution du nombre des CD4. Voici les rêves qui ont suivi la première
prise :
- la fin du monde est proche, tout le monde va mourir. Elle
sallonge sur son lit avec ses enfants et attend la mort [S5].
- cest la fin du monde : elle se trouve sur une île et
se résout à tuer ses propres enfants à laide dun couteau {frappe son ami
dun couteau : Alloxanum} afin que ceux-ci
nassistent pas à lapocalypse {rêve de monde en feu : rhus-tox.}.
[S6]
Les rêves rapportés dans ces trois
observations ont tous pour point commun (à lexception peut-être de S2), de se
rapporter directement au symbolisme de Pluton :
a) dans trois rêves on assiste à une scène
dapocalypse nucléaire [S3] [S5] [S6]
b) dans deux rêves on donne des coups de couteau [S2] [S6]
c) dans un rêve le sujet est monté sur un char (cf. Pluton mythologique) [S2]
d) dans un rêve le sujet est hypersexué (éjaculat démesurément abondant) [S4]
e) dans un rêve le sujet marche dans ses selles (cf. notion de déchet,
dexcréments) [S1]
Citons pour mémoire trois autres observations
pour lesquelles on a pu noter des modifications dordre clinique et/ou biologique,
malheureusement insuffisantes pour permettre une conclusion quant à lintérêt du
remède dans cette pathologie :
Observation n° 4 du Dr P.
Deroche chez une patiente de 24 ans atteinte de sida déclaré et souffrant dune
pneumonie à pneumocystis carinii, ainsi que dune mycose vaginale étendue. La
patiente a dabord reçu Mercurius sol., qui a provoqué
une aggravation des symptômes, puis a amené une amélioration transitoire de 2 jours
environ avant une nouvelle détérioration de létat général. Plutonium nitr. a alors été prescrit à raison de 5 globules une
fois par semaine pendant 3 semaines, respectivement en 12, 15 et 18 CH. Après une
nouvelle aggravation très marquée, on a constaté une régression très nette des ces
deux affections, ainsi quune amélioration sensible de létat général qui
persistait 1 mois après le début du traitement. Par ailleurs, cette patiente affirmait
que son « complexe de persécution avait disparu ». Nous navons plus eu
dinformation depuis.
Observation n° 5 du Dr J.
Rey chez une fillette de 3 ans atteinte du sida dès les premiers mois de la vie par suite
de transmission transplacentaire. Létat général est très atteint, il existe un
retard staturo-pondéral très important, notamment en raison dune encéphalopathie
à VIH. Avec la prise quotidienne dune cuiller à café dune solution
composée de granules de Plutonium nitricum 7 CH et 12 CH
dilués dans un litre deau, et en labsence de tout autre traitement connu,
létat général saméliore progressivement pendant plusieurs mois. La petite
malade se tient droite et communique avec les autres, ce qui nétait pas le cas
auparavant. Sur le plan biologique, on note une importante remontée du taux des
plaquettes qui finissent par atteindre une valeur normale. Malheureusement, le Dr Rey
apprend en septembre 1995 que lenfant vient de décéder des suites dune
pneumopathie aiguë.
Observation n° 6 du Dr J.-F.
Masson chez un patient atteint de sida déclaré. Avec une dose unique de Mercurius sol., puis, un mois plus tard, la prise quotidienne de
granules de Plutonium nitr. pendant un mois, le nombre des
lymphocytes T4 passe de 200 à 270. Pas dinformation sur ce malade depuis juin 1995.
LA PATHOGENESIE
ANGLAISE
Bien que lhoméopathie soit loin de
jouir en Angleterre de la même faveur quen France, il sy trouve un certain
nombre dhoméopathes qui, loin des impératifs propres à lindustrie
pharmaceutique, tentent de faire reculer les limites actuelles de notre art en
enrichissant sans cesse la matière médicale par la connaissance de nouveaux remèdes, ce
en liaison avec dautres groupes disséminés dans le monde entier. Cest ainsi
quau cours des quinze dernières années, ces équipes ont procédé à environ 180
pathogénésies différentes, toutes réalisées dans le strict respect des instructions
données par S. Hahnemann dans lOrganon (§ 105 à 145). Jeremy Sherr a publié
lannée dernière un ouvrage consacré à la méthodologie quil préconise
pour ce type détude6. Cest du reste à la lecture de la
pathogénésie dHydrogène, réalisée en 1993, que nous avons songé à lui
proposer Plutonium.
La pathogénésie de Plutonium
nitricum a donc été réalisée par un groupe dune vingtaine de personnes
entre janvier et mars 1995. En réalité, ce travail nest pas complètement achevé
puisque la répertorisation des symptômes est actuellement en cours, mais nous avons pu
cependant obtenir les éléments principaux que voici :
- une observation complète à propos dune patiente
traitée avec Plutonium nitr., intitulé Le Cas Ruti
- un vidéogramme enregistré lors dune réunion du
groupe dexpérimentateurs, que nous avons transcrit aussi fidèlement que possible
- des notes prises par Jeremy Sherr en vue de la
répertorisation, plus quelques symptômes qui ne figurent pas sur le vidéogramme.
Voici cette première observation :
Le cas Ruti
Femme née en septembre 1955, artiste. Elle a
déjà reçu un traitement homéopathique avec entre autres remèdes Pulsatilla,
Lachesis, Mercurius. Enceinte de 3 mois.
« O mon Dieu, que cest
pesant, cest tellement pesant. Je me sens comme folle, jai perdu mon
équilibre, je suis dans un endroit très noir. Tout au fond de moi il y a quelque chose
qui sest détraqué et que je ne peux pas contrôler. Cest une dépression
terrible, une dépression vraiment noire et profonde. Toutes mes faiblesses, tous mes
défauts, tout ce que jai toujours voulu cacher est en train de remonter de très
très loin à lintérieur de moi. Je me sens totalement passive. Je ne sais que
faire de moi. Je me sens complètement assommée.
Cest bien pire la nuit
et mieux le jour. La nuit je perds conscience de moi-même, surtout au coucher du soleil.
La dépression arrive et dure jusquau lever du jour. Comme cest pesant, je me
sens assommée.
Ma mère est une survivante de
lholocauste. Il y a quelque chose qui me touche par rapport à ça. Ma mère doit
rejeter ce qui est trop proche delle. Je me sens complètement rejetée. Pas
damour, pas de conscience, rien. Peur du rejet. Il y a quelque chose que je garde
constamment en moi, un profond secret. Jai une immense colère, mais je
narrive pas à lexprimer. Cest très dur quand quelquun se met en
colère après moi, ça mécrase. Jai peur de ma colère, je la bloque, je la
bloque mais je ressens une douleur, une douleur écrasante et de la souffrance, une
douleur tellement profonde ! Je souffre mais je garde une contenance, comme ça les gens
ne savent pas. Cest comme une folie intense. »
Elle travaille au théâtre. Elle a une grosse
voix très forte, extrêmement grave et forte, une voix énorme.
« Les gens en sont comme
soufflés. Elle est si forte et si puissante ! Elle est très différente par rapport à
ma vie de tous les jours. Il y a une telle faille en moi... Je narrive pas à la
supporter. Je ne peux plus fonctionner avec cette faille. Cest comme si
jétais anéantie. Une destruction totale, comme lholocauste. Je continue à
avoir cette image du néant total, un sentiment danéantissement, sombre et noir,
très proche de la mort. Je me sens comme en enfer, comme si je mourais dans une intense
souffrance sans connaître létat supérieur.
Je ne suis jamais arrivée à
faire quoi que ce soit, je trouve toujours le moyen déchouer. Il y a toujours
quelque chose qui me fait trébucher. Je sens une force énorme qui me pousse en arrière,
un lien profond avec le passé, avec mes ancêtres, un lien avec danciens états
dêtre qui me pousse en arrière. Pour faire plaisir à mes grands parents, je suis
devenue pratiquante. Cest une force qui me fait vivre leur vie à eux, je vis pour
mes grands-parents et pas pour moi. Mes vies passées ne sont pas loin de moi, bien que je
ne sois pas médium. Je sens que je pourrais remonter à mes origines premières. Je sens
que les souvenirs des vies passées sont très proches, je porte en moi des états
dêtre antérieurs. Parfois je me sens dans la peau dun bouledogue.
Je suis devenue violente, mais je ne lexprime jamais. Il y a une contradiction entre
être passive et être vraiment violente. Une violence aussi forte, jamais je ne pourrais
songer à la laisser se déchaîner. Je ne ferais que provoquer une destruction totale si
je la laissais sortir, mais jamais je ne le permettrai.
Soit je suis extrêmement
lente, soit javance à pas de géant. Je peux faire rapidement de très grands pas
en avant, passer très vite dun état à lautre. Ma principale force,
cest une intuition très, très profonde, mais pas lintellect. Je ressens
très fortement les choses, mais il ny a pas dintellect là-dedans. Je tombe
dans un tel état de désordre que je nai même pas lintellect pour
maider à me ressaisir. Jai un grand besoin de me montrer, mais je suis
hypersensible à la manière dont les gens me voient. Je nai pas de valeur
personnelle, mon degré de valeur personnelle est très faible, mais par contre je peux
être très effacée. »
Elle a été victime dabus sexuel à 14
ans, ça a été très difficile pour elle, elle sest beaucoup renfermée. Soit elle
est très bas, soit elle est reliée à une énergie très élevée. Généralement
aggravée par le soleil, aggravée par la chaleur et le froid. Gencives qui saignent
fréquemment et en abondance. Forte odeur de transpiration.
« Mon mari me sauve, il est
si stable. Il est fidèle à lui-même, il ne change jamais. Son sentiment ne varie
jamais. Il na pas de flamme intérieure, il ne provoque jamais dincendie. Moi,
jai un feu intérieur qui brûle dune passion profonde, comme un enfant qui
aime allumer des feux. »
Désirs de sel, dagrumes, de graisse, de
beurre.
Règles irrégulières, entre 2 semaines et 2 mois.
Pas de rêves. Peur de la folie et du cancer.
Question : « De quel
genre de remède auriez-vous besoin ? »
Réponse : « Jai besoin dun remède lourd avec une
énorme voix, un remède qui peut détruire le monde. Jai limpression que ce
monstre ma poursuivi toute ma vie. Comme si jétais dans le monde souterrain.
Mon mari est si bloqué quil faudrait une bombe atomique pour le remuer. Mon
astrologue dit que cest à cause de la position actuelle de Pluton au carré de
Pluton. »
Remède : XXX 30 CH 1 dose
« Dès que jai pris le
remède, jai su que le cauchemar était fini. Comme une différence entre le jour et
la nuit. Depuis cet instant je nai plus été à lintérieur du cauchemar. La
dépression sest beaucoup améliorée, jai des périodes où je me sens
positive et pleine dénergie. Le sentiment dêtre enfermée dans le monde
souterrain et dans le néant a disparu.
Jai eu une explosion
forte et importante au travail. Le nouveau directeur a littéralement explosé en
sen prenant à moi pour une histoire dargent, mais ça a permis de faire
sortir des choses et jai été davantage moi-même. Le lendemain du jour où
jai pris le remède, jai explosé, je me suis mise en colère contre mon mari
et jai cassé le pare-brise de la voiture à coups de pied.
Jai senti quune
nouvelle réalisation venait de naître. Je vois plus, je comprends plus, je comprends
davantage ce qui marrive. Je suis à un niveau plus profond, comme je nai
jamais été auparavant. Jai beaucoup plus dénergie depuis le remède et ça
continue daller mieux par rapport à avant. Après avoir pris le remède jai
eu une énorme envie de foie, jai mangé une énorme tranche de foie comme je
nen avais jamais mangé. »
A propos du cas Ruti
Une fois le premier choc passé, on
saperçoit que ce récit pour le moins oppressant recèle une incroyable succession
de mots, dexpressions, de thèmes particuliers issus directement du monde symbolique
de Pluton. Nous trouvons en effet successivement :
- le thème des ténèbres, du trou sans fond, du noir, de la
faille, des enfers, du monde souterrain [R1]
- le thème du néant, de la destruction, de lholocauste
[R2]
- le thème du secret, de lindicible [R3]
- le thème de la nuit qui aggrave [R4]
- le thème du rejet, de labsence damour, de
labsence de conscience [R5]
- le thème de la pesanteur, de la lourdeur [R6]
- le thème de la douleur, de la souffrance [R7]
- le thème de la folie [R8]
- le thème de la colère rentrée, de la violence contenue
[R9]
- le thème de léchec permanent, du manque de confiance
en soi, de la crainte du jugement des autres [R10]
- le thème du chien (bouledogue) [R11]
- le thème du lien avec les générations antérieures
(grands-parents), avec les précédents états dêtre (vies passées) [R12]
- le thème de lalternance entre les extrêmes
(lenteur/rapidité, intuition/intellect, passivité/violence, fidélité/passion, elle/son
mari, jour/nuit) [R13]
- le thème de la passion [R14]
- le thème de la bombe atomique, de la destruction du monde,
de la voix forte [R15]
- le thème de Pluton (astrologie) [R16]
- le thème de la sortie (du cauchemar, du monde souterrain,
de la dépression, de la nuit) [R17]
- le thème de lexplosion (colère sortie) [R18]
- le thème du verre brisé (pare-brise) [R19]
- le thème du renouveau, de la renaissance, de lamour
retrouvé [R20]
- le désir de foie [R21]
Onze thèmes appartiennent indiscutablement à
la symbolique de Pluton et du Scorpion [R1] [R2] [R3] [R5] [R12] [R13] [R14] [R15] [R16]
[R18] [R20], parmi lesquels deux figuraient déjà dans les rêves des malades : la bombe
atomique et la fin du monde (observations 1 et 3).
Par ailleurs, les symptômes généraux
présentés par la patiente rendaient le choix du similimum difficile :
a) abus sexuel à ladolescence (suite de)
b) aggravation par la chaleur ; par le froid ; par le soleil
c) gencives saignant souvent et abondamment
d) transpiration dodeur forte
e) désir de sel ; dagrumes ; de graisse ; de beurre
f) règles irrégulières
g) peur de la folie ; du cancer.
En répertorisant sur ces seuls symptômes à
laide du répertoire de Murphy, on obtient dans lordre Natrum
muriaticum (23 pts), Carcinosinum (14 pts), Ignatia et Staphysagria (13 pts chacun). Or Carc.
et Natrum mur. sont les seuls remèdes avec Aurum à figurer à la rubrique « dépression aiguë ». Ainsi Plutonium nitricum pourrait bien figurer parmi les tous premiers
remèdes des états dépressifs profonds.
La transcription du
vidéogramme
Cet enregistrement se compose des différentes
interventions des participants à la pathogénésie, du moins de ceux qui ont manifesté
des symptômes suite à la prise du remède à raison de 6 doses au maximum sur
deux jours et qui de ce fait se sont révélés sujets sensibles. Au total ce sont
huit femmes et trois hommes qui font part de leur expérience, le montage retenu essayant
de regrouper les interventions par sujets. Afin de rendre autant que possible le
caractère informel et spontané de cette réunion, nous avons choisi de citer
dabord les témoignages dans lordre où ils apparaissent sur lécran,
puis de les commenter en tentant den extraire les principaux thèmes.
[V1] Pushba : je fais
très attention dhabitude à la vaisselle, aux verres et au reste. Jai heurté
deux verres du revers de la main, et ils se sont cassés alors quils étaient
pleins. Cest arrivé alors que jétais à la table du milieu. Tout le monde me
regardait. Jétais très gênée, je me suis levée pour dire « excusez-moi,
jai cassé les verres ».
[V2] Jane : jai
cassé un verre, plusieurs assiettes et plusieurs carafes : deux carafes en verre, six ou
sept verres et quatre ou cinq assiettes. Ça sest produit dans leau de
vaisselle et dans les placards.
[V3] David : jai
cassé un verre pendant que je faisais la vaisselle. Je sais quil ne faut pas casser
les verres, mais il sest brisé dans mes mains. Je nai pas forcé, ça
sest cassé comme ça.
[V4] Stephie : je ne
sais pas si cest arrivé aux autres. Moi, je lai senti en cassant un verre
pendant que je faisais la vaisselle.
[V5] Sylvie : je tenais
un globe en verre dans mes mains, je lai laissé tomber et il sest cassé.
[V6] David : cétait
comme des lumières clignotantes vues par en dessous, comme des petites particules
blanches, comme des comètes parfaitement rondes avec une queue. Puis il y a eu des
comètes noires qui volaient vers moi et me dépassaient. Pas blanches comme la veille,
mais noires.
[V7] Pushba : il y avait
de la lumière qui sortait de mon il gauche, une lumière brillante. Cétait
comme des éclairs pendant quatre à cinq minutes.
[V8] Linda :
javais limpression dêtre ici, en haut sur le côté gauche, et
dêtre sortie de la réalité. Dêtre sortie de cette réalité, mais de ne
pas être entrée dans une autre réalité, de me trouver coincée entre les deux. En
même temps jai eu une sensation de séparation, puis progressivement
disolement.
[V9] Alison : je planais
et javais la sensation de quitter mon corps. Jétais angoissée, ça ma
effrayée. Jai paniqué, je ne savais pas si jallais pouvoir le supporter.
Javais quelquun chez moi ce soir-là, une homéopathe, et je voulais être
auprès delle parce quelle aussi avait eu des expériences de sortie hors du
corps. Javais peur, mon sommeil a été très agité.
[V10] Mary : une
sensation disolement, je navais pas envie de communiquer ni de parler à qui
que ce soit.
[V11] Stephie : cétait
une sensation demprisonnement, de confinement, et je la ressens toujours. Il y a des
gens autour de moi, mais je suis complètement isolée.
[V12] Linda : une des
sensations que jai eue au début, cétait que ma tête sétait allongée
vers le haut et quelle était ouverte à son sommet.
[V13] John : jai
eu une sensation dallongement. Jétais assis par terre, mais avec
limpression de regarder de très haut.
[V14] David : cétait
une vibration très fine que jai sentie se centrer sur ma poitrine. Pendant les deux
jours qui ont suivi, cétait comme si cette espèce de zone vibratoire était
descendue le long des entrailles, de la région pubienne et du rectum, puis avait disparu.
Jai eu de la diarrhée, puis cest parti.
Jai senti une sorte de picotement dans le palais, dans la mâchoire, dans les
lèvres, qui est monté jusquau sommet du crâne. Cétait comme un espace
ovale dun pouce de diamètre. Jai eu limpression que ça continuait à
monter, puis la sensation a disparu au dessus de ma tête.
[V15] John : mes rêves
ont été très vivants. Ce qui est frappant, cest que tous les rêves que jai
faits cette semaine-là se sont produits deux fois. Je faisais un rêve pendant la nuit,
et juste au moment de me réveiller je refaisais le même rêve en sachant cette fois
exactement ce qui allait se passer, mais je jouais un autre rôle : je pouvais aussi bien
être lacteur que le spectateur du rêve.
Les deux fois, je savais ce qui allait arriver dans le rêve. Jai rêvé dune
sorte de concours qui consistait à trouver une pierre. Il y avait une statue sur une
place publique, et il fallait trouver une pierre à lintérieur de la statue. Il
fallait franchir un fil barbelé ou sauter par dessus, mais javais déjà fait ce
rêve pendant la nuit, aussi cette fois je savais où se trouvait la pierre. Mais après
avoir franchi le fil barbelé et sauté vers la statue, jai cherché à
lendroit où la pierre devait se trouver, mais elle ny était pas. Alors
jai paniqué, comme dans les deux ou trois rêves précédents. Jai cherché
une pierre blanche pointue avec une croix gravée dessus. La première fois jétais
spectateur, la deuxième fois concurrent.
Question : Où étiez-vous quand vous regardiez ?
Réponse : Jétais sur la gauche.
[V16] John : je fais un
rêve pendant la nuit, et juste avant de me réveiller je répète le même rêve, mais vu
dune autre perspective. Cette nuit jai assisté à un hold-up dans une banque,
et avant de me réveiller cest moi qui commettais le hold-up. Je fais le même rêve
deux fois, de façon objective et de façon subjective, en tant que spectateur et en tant
que protagoniste.
[V17] Linda : jai
eu le même genre dexpérience : jétais spectateur et acteur.
[V18] John : ça parle
dêtres mi-homme mi-animal. Je suis sur une plage avec trois autres personnes,
leau est très claire. Je pars de mon côté et je rencontre des chiens aquatiques
avec une tête qui ressemble à Lassie, des nageoires et des pattes palmées.
Je me rends dans un pays où jai pour ami un petit homme qui habite dans un
château. Jétais là quand ils sont venus le chercher.
Q : Quentends-tu par « petit » ?
R : Cétait un petit homme.
Il y a beaucoup de petits hommes, de nains et de lutins, certains sont mi-homme mi-animal,
et tous poursuivent mon petit homme. Le petit homme traverse un marécage à la nage, mais
il y a un géant qui essaye de laspirer avec une paille. Le petit homme essaye de
séchapper. Vraiment des choses bizarres !
Q : Comment sais-tu que cest un géant ?
R : Je vois un immense visage avec une longue paille.
[V19] Stephie : il
mest arrivé de drôles de choses. Deux fois cette amie est venue me voir et deux
fois elle ma ratée. Jai reçu deux chèques au courrier du même montant,
avec une différence dun penny seulement. Pendant que je faisais mes courses,
jai rencontré deux amies que je ne croise jamais. Alors que je me rends à mon
travail, je traverse un parking en voiture et une première personne traverse juste devant
ma voiture, puis une deuxième. Le fait quil y ait eu chaque fois deux choses ou
deux personnes ma beaucoup marquée.
[V20] Sylvie : primitivement
mal.
Q : Quentends-tu par « primitivement mal » ?
R : Néolithique. Javais la sensation que cet os sur mon front
était plus en avant, que ma tête partait plus en arrière. Je me suis sentie très
masculine et jai eu envie de voler des sous-vêtements.
Q : Des sous-vêtements dhomme ?
R : Non, des sous-vêtements de femme.
[V21] Sylvie : rêve
danges déchus.
Q : Que veux-tu dire par anges déchus ?
R : Comme venus dun paradis perdu.
[V22] Pushba : la même
nuit jai rêvé que je vivais dans le passé, au début des temps. Je suis dans un
désert, il y a des arbres sans feuilles. Un ennemi me vise avec un poignard pointu. Moi
aussi jai un poignard et nous nous évitons lun lautre. Avant quil
ne lance son poignard je lance le mien. Son couteau matteint, mais je ne ressens pas
de blessure. Je tombe par terre puis je me réveille.
[V23] Pushba : « je
suis dans une relation déséquilibrée, je me sens de loin supérieure », cest ce
que je me disais. Je luttais contre moi-même, jessayais détouffer mes
émotions : « je peux te détruire, mais tu ne peux pas me détruire comme ça. » Je
luttai contre moi-même pendant une demi-heure, je devenais si agressive que je le
provoquais : « tu ne peux pas me toucher, je suis intouchable. » Je suis devenue de plus
en plus agressive, de plus en plus en colère. Jessayais détouffer ma rage,
je luttais contre moi-même, je ne savais comment lui répondre, je ne pouvais lui dire
quoi que ce soit à ce moment là, jétais en colère : « comment oses-tu ne pas me
respecter ? »
Soudain je me suis retrouvée dans un coin. Les hommes étaient ivres, tout le monde
dansait. Deux hommes chefs de famille ont commencé à se battre. Jétais debout
devant les boissons et je me suis dit que ça ne pouvait pas continuer, que je devais
faire quelque chose. Je me suis précipitée au milieu des deux, la femme de lun et
la sur de lautre ont essayé de les tirer chacun dun côté. Jai
frappé le plus jeune des deux et jai réussi à arrêter cette lutte en deux
minutes à peine.
[V24] Sylvie : jai
senti que jétais très primitive, mâle et néolithique. Javais
limpression que mon front avait changé. Jai régressé dans le règne animal
jusquà retourner dans locéan. Cétait une sensation agréable.
Jai eu limpression de visiter le monde souterrain, avec une rivière qui le
traverse. Je suis arrivée jusquà cette rivière, mais le passeur nétait pas
là. Je me suis dit que ça nétait pas grave.
Javais souvent un chien avec moi. Une des premières choses que jai voulues,
cest un chien pour aller chasser. Il y avait des petits bêtes avec des poils, mais
je ne savais pas si cétait elles qui étaient petites ou moi qui étais grande.
Jai vu les bras de ces bêtes, ils étaient très menus sous les poils.
[V25] Sylvie : jai
dansé dune drôle de façon. Javais les mains qui battaient lair et on
ma dit que je ressemblais à une chauve-souris, un être moitié homme, moitié
quelque chose dautre. Je me suis trouvée extrêmement laide.
Jai rêvé que ma fille cadette avait deux rangées de dents à la mâchoire
inférieure. Encore maintenant, jai la sensation davoir une mâchoire en
avant. Je savais que je nétais pas une chauve-souris qui mange des fruits, mais une
chauve-souris vampire.
[V26] Marita : je me suis réveillée et jai entendu une voix dégoûtante et
grinçante.
Q : Une voix ou un bruit ?
R : Un bruit, ça faisait comme ça.
Q : Quelque chose qui gratte ?
R : Oui, comme des griffes. Je me suis réveillée, je lai vue
et je me suis dit que cétait une chauve-souris. Jai éprouvé une sensation
dhorreur et je suis immédiatement sortie de la chambre. Plus tard jy ai
repensé : cétait poilu, or les chauve-souris ne sont pas poilues. Je ne pensais
plus quà ça, je ne parvenais pas à penser à autre chose. Ce nétait pas un
rêve, cétait une hallucination. Je lai vue, jétais réveillée, et
cest inhabituel pour moi, dhabitude je nai pas dhallucinations.
[V27] Linda : un homme et une femme que je connaissais bien, mais pas
physiquement, étaient en train de se disputer. Elle sétait cachée dans un arbre
et lui la cherchait. Elle boudait et semblait très contrariée. Il lui demande : « Tu
veux me revoir, oui ou non ? ». Il était agité et courait en tous sens. Elle était
dans cet arbre, derrière une porte fermée. Je pouvais voir où elle était, mais je
savais quil ne pourrait pas la trouver. Je me suis sentie très proche de ce côté
que je ne ressens pas dans ma vie : dhabitude je me sens très féminine, ça
ma rapprochée de mon côté masculin.
Quand tu es arrivé, tu ressemblais à Fred, de la famille Flintstone7. Ça
ma choquée, je me suis dit : « Mon Dieu, quest-ce que le remède lui a fait
! »
[V28] John : jai
une envie folle de bacon, et pour la première fois de ma vie je grossis. Jai
prononcé et jai écrit dans mon rêve les mots suivants : « Je supporte les gens
qui vont en boîte de nuit, je supporte les hommes qui draguent les femmes et les femmes
qui draguent les hommes, mais ce que je ne supporte pas, ce sont les marchands
dobjets dart. Ce que je naime pas, ce sont les intermédiaires, les gens
qui font monter les prix. »
[V29] Stephie :
jai été très déprimée. Cela touche ce quil y a au plus profond de
moi-même. Je ne pourrais pas aller plus bas (sanglots). Il ne sagit pas seulement
de moi, cest comme si cétait le problème de mon père, le problème de ma
famille. Je me sens toute seule, loin des autres. Cest comme un fil de solitude qui
ma été transmis.
[V30] Sylvie : moi aussi
jai eu limpression dêtre la seule personne sur la planète, mais ce
nétait pas cette planète-ci !
[V31] Sylvie : jai
fait des dessins qui ressemblaient à lADN. Je me suis croisé les mains, jai
essayé de les croiser deux fois.
Q : Comment ? Comme une double hélice ?
R : Oui, cest ça.
[V32] Steve (lisant ses notes) : sensation dune immense onde destructrice venue du ventre. Comme si
javais été précipité violemment dans une lumière blanche éclatante. Violents
vomissements avec diarrhée se déclarant soudainement. Tremblement, vertige, pression au
niveau du front et des tempes, comme si elles allaient être écrasées en même temps que
le crâne. Plus dénergie pour respirer, pour vivre, comme si toute force avait
été retirée par une autre force invisible mais plus puissante. Le monde entier
nest rien, je ne suis rien. Je suis Dieu. Le monde est vide, désolé. Lair
est vide, sans lumière. Obscurité. Le monde entier est obscur, envahi par les sinistres
mugissements du vent, des voix funestes font entendre un rire sarcastique. Mutation de la
pensée et des valeurs. Grande faiblesse, sensation dêtre creux. Laissez-moi
mourir, laissez-moi ne rien sentir. Libération par le vide, pas de sentiment. Yeux
brûlants, grande douleur, yeux calcinés. Vision légèrement déformée, le corps, la
vie, les épreuves. Transformation, à nouveau sensation de brûlure. Gorge brûlante,
énergie et verbe déviés, emportés. Incarnation terrestre ébranlée et détruite,
doù remède indiqué chez une personne qui ne veut plus travailler depuis que les
bases de sa vie ont été gravement atteintes. Mais cest si effrayant, si terrible.
Ame désincarnée entre terre et esprit. Rêve de senfoncer profondément dans une
mer bleu-vert, de sélever dans un ciel bleu-vert, de descendre dans les profondeurs
dun royaume perdu. Tout est sans forme quand on regarde les particules de lumière.
Des globules radioactifs argentés viennent saccoler à beaucoup de ces particules
de lumière. Je suis devenu une particule comme si javais des lunettes de soleil aux
verres argentés, avec des globules accolés à moi. Ça a modifié ma vue et ma vision du
monde. Cétait bizarre, je voulais men débarrasser mais ça restait accroché
à moi, ça épuisait mon énergie vitale, ça se nourrissait de moi. Je sentais que je
méloignais de plus en plus de la vie, ça memportait et me consumait avant
que je ne puisse le détruire moi-même. Lumière, lumière parfaite.
[V33] Sylvie : je
tai dit « 94 » au téléphone, jai bien dit « 94 », jai voulu te
téléphoner ce nombre-là de fois. A la télévision il y avait 94 globules de couleur.
Je ne sais pas à quoi ils pouvaient servir, ils étaient faits à moitié deau, à
moitié dhuile, ils étaient tous colorés et je voyais vraiment des couleurs comme
des codes-barres, du genre géométrique.
Q : Tu as voulu mappeler 94 fois et il y avait 94 globules ?
R : Oui.
[V34] Sylvie (texte non enregistré) : jai rêvé dun ours avec un pénis énorme qui veut téter mon
sein. Lours est très poilu. Son pénis est si gros quil ne peut pas
sapprocher suffisamment jusquau moment où il me pénètre, ce que
jessaye déviter plusieurs jours durant. A la fin je suis cernée. Il me
pénètre puis tête mon sein gauche.
Sensation dénergie mâle brute, très basique, très simple.
Image dun bébé de 7 mois qui essaye de remettre sa tête à lintérieur de
moi.
Choses tantriques : comme un énorme pénis à lintérieur de moi, jusquà
lestomac, jusquà la gorge puis jusquau sommet de la tête. Le pénis me
remplit jusquau sommet de la tête.
LES THEMES
Lordre retenu tient compte en priorité
des thèmes abordés. On sapercevra ainsi que, vus sous un certain angle, ces
thèmes semblent étrangement senchaîner les uns aux autres. Se trouvent aussi
inclus au fur et à mesure les symptômes consignés par J. Sherr dans ses notes [N], qui
ne figurent ni dans le cas Ruti, ni dans le vidéogramme. Lorsquun symptôme fait
déjà lobjet dune répertorisation dans le répertoire de Murphy, nous avons
indiqué le nom du ou des remèdes qui y sont associés en précisant le degré.
A.- Les Enfers
1) Thème de la
destruction, de lanéantissement, de lholocauste, de lapocalypse
Ce thème semble correspondre à la représentation de lenfer sur terre tel
quil se manifeste en certaines époques et en certains lieux, laissant derrière lui
son empreinte indélébile :
- « Sensation dune énorme vague de destruction venue du ventre... Le monde entier nest rien, je ne suis rien... Le monde est vide, désolé... » [V32]
- « Mère est une survivante de lholocauste...
Une destruction totale, comme lholocauste... Je
continue à avoir cette image du néant total, sombre et noir, très
proche de la mort... Je me sens comme en enfer... Je
ne ferais que provoquer une destruction totale si je la
laissais sortir... Un remède qui peut détruire le monde»
[R2] {se croit en enfer : camph., cann-i., lyss., merc., orig.}
- « La fin du monde est proche,
tout le monde va mourir... » [S5]
- « Cest la fin du monde : elle... se résout à tuer ses propres enfants... afin que ceux-ci nassistent pas
à lapocalypse. » [S6]
2) Thème du
monde souterrain
Les « véritables » enfers (inferi = les
lieux den bas), avec le Styx et le passeur Charon :
- « Jai eu limpression de visiter le monde souterrain, avec une rivière qui le traverse... mais le passeur nétait pas là. » [V24]
- « Rêve... de descendre dans les
profondeurs dun royaume perdu. » [V32]
- « Comme si jétais dans le
monde souterrain... Le sentiment dêtre enfermée dans
le monde souterrain... a disparu... » [R1]
3) Thème de
Pluton
Il est fait à deux reprises référence à Pluton :
- « ...Cest à cause de la position actuelle de Pluton au carré de Pluton » [R1]
- « Rêve que, monté sur un char...
» [S2]
4) Thème du
chien
Sagit-il dune référence à Cerbère, le gardien des
enfers... ou à Pluto, le compagnon de Mickey ? Sans oublier le masque de Pluton en peau
de chien...
- « Je rencontre des chiens aquatiques
avec une tête qui ressemble à Lassie... » [V18]
- « Javais souvent un chien
avec moi. Une des premières choses que jai voulues, cest un chien pour aller chasser. » [V24]
- « Parfois je me sens dans la peau dun bouledogue. » [R11]
5) Thème de
lobscurité
- « Lair est vide, sans lumière.
Obscurité. Le monde entier est obscur... » [V32]
- « Je suis dans le noir...
Cest une dépression vraiment noire et profonde...
Cest bien pire la nuit... Laggravation la nuit sest améliorée. » [R1]
6) Thème de la
lumière (ou des lumières)
Cette lumière évoque en premier lieu léclair intense émis par une bombe atomique
au moment de lexplosion («plus brillant que mille soleils » ont dit les survivants
japonais). Mais il peut sagir aussi de la lumière que bon nombre de sujets ayant
vécu une NDE (near death experience) disent avoir vue8.
Quant aux particules lumineuses, elles évoqueraient plutôt les noyaux dhélium
(appelés particules alpha) émis par le plutonium lorsquil se désintègre.
- « Cest comme si javais été précipité dans une lumière blanche éclatante... Tout est sans forme quand on
regarde les particules de lumière... Lumière, lumière parfaite.
» [V32]
- « Cétait comme des lumières
clignotantes... » [V6]
- « Il y avait de la lumière
qui sortait de mon il gauche, une lumière brillante.
Cétait comme des éclairs... » [V7] {voit des objets luisants : bell.}
On note également un thème annexe, celui des
globules blancs ou colorés (référence aux lymphocytes ?) :
- « Je suis devenu une particule... avec des globules accolés à moi. » [V32]
- « A la télévision il y avait 94
globules de couleur... » [V33]
7) Thème de
lisolement
- « En même temps jai eu une sensation de séparation, puis progressivement disolement.
» [V8]
- « Une sensation disolement, je navais pas envie de communiquer ni de parler à quiconque. » [V10]
- « Cétait une sensation demprisonnement,
de confinement... Il y a des gens autour de moi, mais je suis complètement
isolée. » [V11]
- « Je me sens toute seule, loin des
autres. Cest comme un fil de solitude qui
ma été transmis. » [V29]
- « Moi aussi jai eu limpression dêtre la seule personne sur la planète... » [V30]
- « Je me sens complètement
rejetée... Peur du rejet. » [R5]
8) Thème de la
sortie hors du corps
Cette fois les rêves ou sensations rapportées sont réellement
comparables à des NDE :
- « Javais limpression... dêtre
sortie de la réalité. Dêtre sortie de cette réalité, mais de ne pas être
entrée dans une autre réalité, de me trouver coincée entre les deux. » [V8] {impression
de quitter son corps et de le regarder den haut : Pyrus americanus}
- « Je planais et javais la
sensation de quitter mon corps... elle aussi avait eu des
expériences de sortie hors du corps. » [V9]
- « Jétais assis par terre, mais avec limpression de regarder de très haut. » [V13]
- « Ame désincarnée entre terre et
esprit. » [V32]
9) Thème des
rêves doubles
Ce thème nest autre que le prolongement du précédent puisque dans
un premier temps le rêveur se voit impliqué dans laction, et dans un deuxième
temps il y participe directement :
- « ...Tous les rêves que jai faits cette semaine-là
se sont produits deux fois. Je faisais un rêve pendant la
nuit, et juste au moment de me réveiller je refaisais le même
rêve... La première fois jétais spectateur, la
deuxième fois concurrent. » [V15]
- « Je fais un rêve pendant la nuit, et juste avant de me
réveiller je répète le même rêve... Je fais le même rêve deux
fois, de façon objective et de façon subjective, en tant que spectateur et en tant que
protagoniste. » [V16]
- « Jétais spectateur et acteur.
» [V17]
Un thème annexe au double rêve, celui du double événement :
- « Deux fois cette amie est
venue me voir et deux fois elle ma ratée. Jai
reçu deux chèques au courrier du
même montant... Jai rencontré deux amies que
je ne croise jamais... Une première personne traverse juste devant ma voiture, puis une deuxième. » [V19]
10) Thème des
extrêmes opposés
Ce thème touche à une notion déjà entrevue au début de cet exposé,
cest-à-dire au processus de radicalisation et dinversion qui affecte
lénergie vitale lorsque celle-ci se trouve imprégnée du symbolisme du Scorpion.
Nous obtenons ainsi des couples de concepts opposés :
- « Le petit homme traverse un
marécage... mais il y a un géant qui essaye de
laspirer... » [V18] {se croit poursuivi par des géants : bell.}
- « Cétait comme des petites particules
blanches... Puis il y a eu des comètes noires... Pas blanches comme la veille, mais noires.
» [V6].
- « Le monde entier nest rien...
je suis Dieu... » [V32]
- « Soit je suis extrêmement lente,
soit javance à pas de géant... Ma seule force,
cest une intuition très profonde, mais pas lintellect... Il y a une contradiction entre être passive et être vraiment violente...
Soit elle est très bas, soit elle est reliée à une énergie très élevée... Il na pas de
flamme intérieure, il nallume jamais dincendie.
Moi, jai un feu intérieur qui brûle dune passion
profonde... » [R13]
Cette notion se précise avec
lopposition vers le haut/vers le bas, qui nest pas sans rappeler le Paradis et
lEnfer :
- « Rêve de senfoncer
profondément dans une mer bleu-vert, de sélever dans
un ciel bleu-vert. » [V32]
- « Rêve danges déchus...
» [V21] {voit des anges : ether, cann-i., stram.}
Enfin, elle finit par se centrer sur
laxe formé par le sommet du crâne et le rectum, correspondant dans la
spiritualité orientale aux deux chakras extrêmes :
- « ...Cétait comme si cette espèce de zone
vibratoire était descendue le long des entrailles, de la région
pubienne et du rectum, puis avait disparu.
Jai senti une sorte de picotement... qui est monté
jusquau sommet du crâne... puis la sensation a disparu
au dessus de ma tête. » [V14]
Dans le même ordre didées on peut
rapprocher deux témoignages, bien quémanant de personnes différentes :
- « Violents vomissements avec diarrhée...
» [V32]
- « Sensation... que ma tête
sétait allongée vers le haut et quelle était ouverte
à son sommet. » [V12] {sensation de tête allongée : hyper., lachn.} {sensation comme si le sommet de la tête
souvrait et se fermait : cann-i.}
Ny a-t-il pas là une analogie
troublante avec les sphincters qui se relâchent au moment de la mort, cest-à-dire,
selon la croyance la plus universellement répandue, lorsque lâme quitte le corps ?
B.- Le retour aux origines
Outre quil sagit dun aspect
essentiel de la symbolique plutonienne, cette incursion dans le passé nous rappelle que
le plutonium a existé à létat naturel aux premiers âges de la terre, quil
a disparu progressivement de sa surface en raison même de sa nature radioactive, et
quil est réapparu il y a un demi-siècle à peine sous forme artificielle.
Première étape du voyage : nos ascendants.
11) Thème des
ancêtres et des vies passées
- « Cest comme si cétait le
problème de mon père, le problème de ma famille. » [V29]
- Images dancêtres :
alternance très rapide dimages de guerriers et de messagers de paix comme si on
feuilletait un livre. [N1] (voir aussi thème n° 10).
- « Je sens une force énorme qui me pousse en arrière, un lien profond avec le passé,
avec mes ancêtres, un lien avec danciens états
dêtre... Pour faire plaisir à mes grands parents
je suis devenue pratiquante. Mes vies passées ne sont pas
loin de moi... Je sens que je pourrais remonter à mes origines
premières. Je sens que les souvenirs des vies passées
sont très proches, je porte en moi des états dêtre
antérieurs. » [R12]
Ce dernier témoignage est à rapprocher du
thème de la sortie hors du corps (A.-8).
12) Thème de
lhomme préhistorique
Nous voici maintenant aux origines mêmes de lhumanité, là où se
situe le fameux « chaînon manquant » par lequel lhomme sest détaché de
lanimal pour se rapprocher de lange :
- « Néolithique. Javais
la sensation que cet os sur mon front était plus en avant,
que ma tête partait plus en arrière. » [V20]
- « Jai rêvé que je vivais dans le passé, au début des temps... » [V22]
- « Jai senti que jétais
très primitive, mâle et néolithique. Javais limpression que mon front avait changé. » [V24]
- « Tu ressemblais à Fred, de la famille
Flintstone. » [V27]
- Homme de Neandertal en train de
chasser, modification de langle du corps, inclinaison des cuisses plus en avant,
corps pas tout-à-fait vertical. [N2]
De ce thème dérivent quelques autres,
reliés chaque fois à un aspect différent de la nature primitive des premiers hommes.
13) Thème de la
violence, de la lutte et de la colère
- « Je luttais contre
moi-même... Je suis devenue de plus en plus agressive, de
plus en plus en colère... Deux hommes chefs de famille ont
commencé à se battre... Jai frappé le plus jeune des deux... » [V23]
- « Un homme et une femme... étaient en train de se disputer... » [V27]
- « Jai une immense colère...
Cest très dur quand quelquun se met en colère après
moi... Jai peur de ma colère... Je suis devenue
violente... Il y a une contradiction entre être passive et être vraiment violente. Une violence aussi forte, jamais je ne
pourrais la laisser se déchaîner... Je me suis mise en colère
contre mon mari et jai cassé le pare-brise de la
voiture à coups de pied9.... La colère aussi,
ça va beaucoup mieux. » [R9]
14) Thème des coups
de couteau
- « Un ennemi me vise avec un poignard
pointu. Moi aussi jai un poignard... Avant
quil ne lance son poignard je lance le mien. Son couteau matteint... » [V22]
- « Il donne de violents coups de couteau entre les omoplates
de ceux qui se trouvent devant lui... [S2]. {nat-carb.}
- Elle se résout à tuer ses propres enfants à laide dun couteau... [S6].
15) Thème de
lhypersexualité mâle
- « Je me suis sentie très masculine
et jai eu envie de voler des sous-vêtements... de femme. » [V20]
- « Jai senti que jétais très primitive, mâle et néolithique. » [V24]
- « Dhabitude je me sens très féminine, ça ma
rapprochée de mon côté masculin. » [V27]
- Rêve quil fait lamour avec Nathalie Baye et
quil linonde littéralement de sperme suite à un
éjaculat démesurément abondant [S4].
- « Jai rêvé dun ours avec un pénis énorme... Son pénis est si gros quil ne peut pas
sapprocher suffisamment jusquau moment où il me
pénètre... Sensation dénergie mâle brute, très
basique, très simple... Comme un énorme pénis à
lintérieur de moi... Le pénis me remplit jusquau sommet de la tête.
» [V34]
Si lon se réfère au désormais classique Dictionnaire des Symboles10
, nous trouvons dans larticle consacré à lours « quen Europe [son]
souffle mystérieux émane des cavernes. Il est donc une expression de lobscurité,
des ténèbres : en alchimie il correspond à la noirceur du premier état de la matière.
Lobscurité, linvisible étant liés à linterdit, cela renforce sa
fonction dinitiateur. Chez les peuples chasseurs dAmérique du Nord et de
Sibérie et chez les Lapons, les femmes sont soumises à des interdits analogues, la
plupart du temps très rigoureux, concernant tout ce qui concerne la chasse à
lours. Toutes ces traditions, selon Uno Harva, relèvent dune magie
protectrice, la femme risquant dêtre assaillie par lesprit de la bête,
précisément à cause de son sexe : Prenez garde, pauvres femmes/Prenez bien garde à
votre ventre/Protégez votre petit fruit ! (chant finnois).
16) Thème des poils
- « Il y avait des petits bêtes avec
des poils... Jai vu les bras de ces bêtes, ils étaient très menus sous les poils. » [V24]
- « Cétait poilu, or les
chauve-souris ne sont pas poilues. » [V26]
- « Lours est très poilu.
» [V34]
17) Thème du désir
de viande
- « Jai une envie folle de bacon.
» [V28] {ars., calc., calc-p., carc., cench., mez., rad-b., sanic.,
tell., tub.}
- « ...Jai eu une énorme envie
de foie, jai mangé une énorme tranche de foie... » [R21]
- Désir de viande rouge, de viande crue
{phos.}, de viande saignante (chez des végétariens !), de viande de porc {calc-p., CROT-H.,
mez., nit-ac., nux-v., rad-b., tub.}.
Goût de sang dans la bouche {37 remèdes}. Désir de boire du sang. [N3]
18) Thème de la
chauve-souris
En reprenant notre voyage à rebours dans lévolution, nous trouvons
la chauve-souris, porteuse dune symbolique très riche comme on le verra plus loin.
Notons pour commencer le lien entre le dernier thème abordé, celui du sang, et la
chauve-souris vampire dAmérique du Sud qui, comme son nom lindique, se
nourrit surtout de sang.
- « On ma dit que je ressemblais à une chauve-souris... Je savais que je nétais pas une
chauve-souris qui mange des fruits, mais une chauve-souris vampire.
» [V25] {croit être une chauve-souris : bell.}
- « Je me suis dit que cétait
une chauve-souris... Plus tard jy ai repensé : cétait poilu, or les chauve-souris ne sont pas poilues. » [V26]
- Illusion dêtre une chauve-souris accrochée la tête
en bas. Le visage ressemblait à celui dune chauve-souris, je sentais que
javais des ailes de chauve-souris. Perception du son par le centre du visage plutôt
que par les oreilles. [N4]
Quelles obscures affinités peuvent relier la
chauve-souris et lhomme dans la chaîne de lévolution, même si en
loccurrence il sagit de conceptions plus proches de la pensée symbolique que
du darwinisme ? Dabord le fait quelles se rassemblent volontiers dans les
cavernes parfois par dizaines de milliers dindividus comme le firent
en leurs temps nos ancêtres. Ensuite que, comme chez lhomme, la femelle na
quun petit (rarement deux) par portée et par an. Enfin que la chauve-souris, toutes
ailes déployées, est bien à limage de lange déchu. Mais Batman, le
célèbre héros de bande dessinée apparu en 1939 (deux ans avant le plutonium !), ne
représente-t-il pas lactuelle incarnation du mythe ?
Que dit le Dictionnaire des Symboles
? « Chez les Mayas la chauve-souris est lune des divinités incarnant les forces
souterraines. Dans le Popol Vuh, la maison de la chauve-souris est lune des
régions souterraines quil faut traverser pour atteindre le pays de la mort. Elle
est destructrice de vie, dévoreuse de lumière, et apparaît comme un substitut des
grandes divinités chtoniennes. Elle est également divinité de la mort chez les
Mexicains et chez les Indiens Tupi-Guarani du Brésil : pour les Tupinambas, la fin du
monde sera précédée de la disparition du soleil dévoré par une chauve-souris. Dans
les traditions alchimistes, lambiguïté de sa nature hybride souris-oiseau
explique lambivalence de ses symboles : la chauve-souris représente
landrogyne, le dragon ailé, les démons, ses ailes seraient celles des habitants de
lenfer. »
19) Thème des
origines de la vie
- « Jai régressé dans le règne
animal jusquà retourner dans locéan. » [V24]
- Rêve de dauphins et de phoques
arrivant sur la terre ferme. [N5]
20) Thème des
êtres hybrides
On songera ici à Cerbère, ou aux divinités représentées sur les fresques ornant les
tombeaux égyptiens, ou encore aux énigmatiques personnages que Jérôme Bosch a figurés
dans LEnfer, quatrième panneau de son célèbre Jardin des Délices
:
- « Ça parle dêtres mi-homme
mi-animal... Je rencontre des chiens aquatiques...
avec des nageoires et des pattes palmées. » [V18]
- « On ma dit que je ressemblais à une chauve-souris, un être moitié homme, moitié quelque chose dautre...
Jai rêvé que ma fille cadette avait deux rangées de dents à la mâchoire
inférieure. » [V25]
- Rêve dun enfant avec des pieds
palmés. Rêve daborigènes avec un cou danimal [N6]
21) Thème de la
mutation
- « Sensation... que ma tête sétait allongée vers le haut et quelle était ouverte
à son sommet. » [V12] {voir A.-10}
- « Jai fait des dessins qui ressemblaient à lADN. Je me suis croisé les mains... comme une double hélice. » [V31]
- « Mutation de la pensée et
des valeurs. » [V32]
Avec la clé de toute mutation dans
lordre du vivant, lADN, nous parvenons au terme de notre voyage. Osons un
dernier rapprochement qui laisse songeur : dun côté de la chaîne de
lévolution humaine nous retrouvons lhomme de Neandertal, de lautre nous
entrevoyons cette femme dont la tête sallonge vers le haut et souvre à son
sommet...
C.- Lexplosion
22) Thème de
lexplosion et de la bombe atomique
- « Jai eu une explosion
forte et importante au travail... Le nouveau directeur a littéralement explosé en sen prenant à moi... Le lendemain du jour où
jai pris le remède jai explosé... » [R18]
- « Mon mari est si bloqué quil faudrait une bombe atomique pour le remuer. » [R15]
- « Rêve dune bombe atomique en
train dexploser au dessus dune place publique. » [S3]
23) Thème du verre
brisé
- « Jai heurté deux verres... et
ils se sont cassés... je me suis levée pour dire excusez-moi, jai cassé les verres. » [V1].
- « Jai cassé un verre,
plusieurs assiettes et plusieurs carafes. » [V2]
- « Jai cassé un verre
pendant que je faisais la vaisselle... il sest brisé
dans mes mains... ça sest cassé comme ça. » [V3]
- « Je lai senti en cassant un
verre pendant que je faisais la vaisselle. » [V4].
- « Je tenais un globe en verre dans mes mains, je lai
laissé tomber et il sest cassé. » [V5]
- « Jai cassé le pare-brise
de la voiture à coups de pied. » [R19]
24) Thème de la voix
forte
- Elle a une grosse voix très forte,
extrêmement grave et forte, une voix énorme. « Les gens en sont comme soufflés.
Elle est si forte et si puissante ! ... Jai besoin
dun remède lourd avec une énorme voix... » [R15] {voix
forte : bell., cann-i., hyos., mosch., nux-m., sulf.}
25) Thème du nombre
94
- « Je tai dit 94
au téléphone, jai bien dit 94... A la
télévision il y avait 94 globules de couleur... » [V33]
Il est assez troublant de constater que :
a) 94 est le numéro atomique du plutonium
b) le plutonium-239 a été identifié pour la première fois en février 1941
c) la première dilution homéopathique du plutonium-239 a eu lieu en juin 1994.
LE PROVING ALLEMAND
Réalisé en Bavière par Friedrich Ritzer et
le Dr Hans Eberle à lautomne 1995, la seconde pathogénésie de Plutonium nitr.
peut sembler a priori bien pâle auprès de celle de Jeremy Sherr. En effet, bien
queffectué avec les mêmes remèdes que ceux utilisés par léquipe anglaise,
ce travail nous ramène à une réalité beaucoup terrestre : point danimaux
fabuleux ni de sorties dans lastral, pas davantage de rencontre avec Neandertal,
encore moins dapocalypse nucléaire (il est vrai que la R.F.A., contrairement à
lAngleterre et à la France, nest pas détentrice de larme atomique).
Mais pour autant cette pathogénésie ne manque pas dintérêt en ce quelle
confirme parfois de façon subtile certains symptômes spécifiques décrits
par ailleurs.
On pourrait toutefois formuler une objection
de principe concernant le choix du protocole utilisé : tous les expérimentateurs de
cette pathogénésie connaissaient la nature de la souche, alors quen Angleterre on
avait glissé un certain nombre de placebos (20 % environ) parmi les remèdes distribués.
Mais à cette remarque on pourra objecter que les pères de lhoméopathie ne
sencombraient pas de ce genre de considérations (cf. §143 et 145 de
lOrganon), et que cela na nullement empêché quils nous lèguent
lessentiel de nos matières médicales contemporaines. On doit par ailleurs
reconnaître que la plupart des symptômes rapportés par léquipe allemande ne
présentent que de lointains rapports avec ce que lon connaît généralement de
Pluton et du plutonium.
Outre la présentation des symptômes,
classés par thèmes pour les symptômes mentaux et par rubriques pour les symptômes
physiques, cette pathogénésie propose, comme on le verra, une hypothèse intéressante
concernant lesprit de Plutonium nitr., étayée par trois observations
cliniques. Voici donc la traduction11 de larticle publié en anglais dans
la revue Homoeopathic Links (4/95) sous le titre Plutonium - The Suppression
of the Persons « Nucleus ».
La suppression du
noyau individuel
Au cours de la pathogénésie de Plutonium
(11 expérimentateurs, une dose en 30 ou 200 CH, tous connaissant la nature de la souche
expérimentée), ont pu être déterminés les groupes de symptômes ou de thèmes
suivants :
- sensation de pesanteur extrême
- fatigue, épuisement
- sensation de décomposition, de désintégration en
différentes identités
- sensation permanente de menace existentielle
- pulsion dagression irraisonnée
- profond sentiment religieux et pensées philosophiques.
Un certain nombre dexpérimentateurs ont
mis des choses en ordre, dautre se sont mis à suivre surtout leur intuition. Leur
confiance dans leur action personnelle sest accrue.
Les groupes de symptômes ci-dessous se sont manifestés de plus en plus clairement au
cours de la pathogénésie et ont servi de référence pour les 70 cas et plus où nous
avons prescrit Plutonium.
Lidée
centrale de Plutonium est le sacrifice de son propre chemin
intérieur, de sa propre destinée, ou encore la négation et le blocage de ses ressources
intérieures. Ainsi, lhomme nest pas à même de tirer un enseignement de sa
destinée. Son essence, son être (« le noyau atomique ») se désintègre en des
personnalités différentes (le terme « personnalité multiple » est actuellement très
utilisé en psychothérapie). Ces personnalités différentes subissent de nombreuses
contraintes et sont perçues comme des masques ou comme des rôles différents que
lindividu tente de jouer de manière anxieuse et compulsive. Cest pourquoi de
gros efforts sont consentis pour compenser ou pour dissimuler cette désintégration.
Des idéaux élevés et la rechute dans lépuisement chronique (syndrome de fatigue
chronique), la dépression et des sentiments dinfériorité résultent de cette
désintégration. Une autre tentative pour enrayer le déclin et la désintégration
consiste à accroître le sens des responsabilités, comme les enfants qui tentent
dempêcher la famille déclater. Lorsque lessence ou lêtre se
désintègre, une tension extrême et des sensations de panique peuvent survenir.
Lentourage prend cela pour une « volonté inébranlable », pour des accès
dagressivité irraisonnée ou pour une dépression sévère. Au plan clinique, nous
avons pu observer la guérison de maladies correspondant à une auto-agression, telles
quasthme, hyperménorrhée, anorexie, syndrome de fatigue chronique, hypertension,
dermatite dorigine nerveuse, allergies et hypersensibilités multiples, douleurs
sacro-iliaques invalidantes, gastro-entérite sévère avec menace de déshydratation,
ainsi que la psychose dun garçon de 13 ans avec limpression que « chaque
adulte, y compris ses parents, est un maître».
Nous estimons que la pathologie de Plutonium peut être guérie si lon
accepte de plein gré la désintégration souvent douloureuse des masques et des rôles,
et si lon abandonne ses attentes, contraintes et certitudes sur ce que la vie
devrait être. Il faut au contraire accepter lêtre comme il est et revenir à notre
essence, cest-à-dire évoluer depuis nos conceptions figées sur lêtre vers
la conscience dêtre elle-même.
LISTE DES SYMPTOMES
Symptômes mentaux et
d'humeur
1) Décomposition et
désintégration
- sensation de décomposition et de désintégration en
différentes identités (1)12 {croit quelle est trois personnes à la
fois : nux-m.}
- lexpérimentateur a nettement senti que son identité
changeait en fonction du lieu et des personnes avec qui il était. (1)
Sagissant dun radionucléide,
le thème de la désintégration (thème n° 1) tombe sous le
sens. Toutefois, cest la première fois quil apparaît directement lié à
celui de la mutation (thème n° 11) comme dans la symbolique
astrologique.
2) Menace et peur
- sentiment permanent dune menace existentielle (1, 2)
- crainte de sa propre défaite sil ose affirmer sa
volonté et ses désirs personnels (1)
- sacralgie intense le forçant à marcher à quatre pattes {sacrum,
douleur aiguë, agg. en marchant : agar., calad.}. Le
sujet se sent comme un animal (chien) ou comme un petit enfant délaissé qui nest
pas encore capable de marcher debout et qui nest pas intégré. Ce sentiment de
mépris provient de ses frères et surs.
- contrarié dêtre abandonné avec sa douleur.
[Thème de Plutonium : lenfant
blessé. Chez ladulte, cest lenfant intérieur qui est blessé. Qui plus
est, les enfants sont souvent en contact avec des adultes trop directifs et par
conséquent ne peuvent trouver leur propre chemin.]
On retrouve ici des thèmes déjà connus
: si la menace existentielle peut sassimiler aux différents thèmes relatifs aux
enfers, la crainte de léchec avait été clairement exprimée par Ruti [R10], de
même que celui de labandon [R5]. Les thèmes de
lisolement (thème n° 7) et du chien (thème
n° 4) développés dans la pathogénésie réapparaissent également. A ce propos, la
sacralgie obligeant à marcher à quatre pattes comme les chiens ne
représente-t-elle pas le même aspect de régression que celui que nous avions observé
à propos de lhomme préhistorique (thème n° 12),
chez qui on avait relevé la modification de langle du corps et de
linclinaison des cuisses ? [N2]
3) Obligations et
attentes
- triste de ne pouvoir vivre comme elle le voudrait, sensation
de trop dobligations (3)
- sentiment dêtre intérieurement forcée de continuer
à avancer et à faire toutes sortes de choses ; elle sent quon lui en demande trop
(3) (cf. Carcinosinum)
[Cette expérimentatrice a fait également une série de rêves dans lesquels elle
attendait dautrui des choses ou des réactions quelle nobtenait pas.
Même en rêve elle réalisait que ses attentes nétaient pas fondées. Cette
attitude dattente nest donc que la contrepartie ou le complément du devoir.
Nous avons souvent retrouvé comme symptôme la sensation dêtre obligé de
satisfaire aux attentes et aux obligations venant de lentourage, associée à des
attentes très fortes vis-à-vis de lenvironnement.]
- davantage de défense vis-à-vis de la morale et du devoir
(2, 3).
4) Peurs
- peur de tomber malade, la crainte de lexpérimentateur
davoir un cancer sest améliorée (11)
- peur davoir une vertèbre déplacée lors dune
sacralgie (2)
- peur de catastrophes écologiques (1, 2)
- état de panique (plusieurs guérisons cliniques) (Un état de panique avait été décrit par John. [V15])
- claustrophobie avec état de panique, par exemple en avion
(plusieurs cas cliniques guéris).
5) Agression
- pulsion dagression irraisonnée ;
lexpérimentatrice aurait voulu dégager la route des gens qui roulaient lentement
devant elle, sans éprouver la moindre compassion. Elle se sentait comme un engin lancé
à vitesse constante ne souffrant aucun obstacle. (11)
- fantasmes dagression : lexpérimentateur
imaginait ce qui se passerait sil jetait son propre fils par dessus le pont, ou
sil roulait à pleine vitesse sur une zone piétonne. (2)
Que nous soyons dans le thème de la violence (thème n°
13), cela ne fait guère de doute. Mais observons attentivement le premier de ces deux
symptômes : mis à part laspect de progrès technique, ne rappelle-t-il pas
étrangement le rêve de celui qui, monté sur un char, donne des coups de couteau à ceux
qui lempêchent davancer [S2] ?
6) Tristesse et pleurs
- pleurs intenses (2)
- pleurs provoqués par des douleurs intenses dans la région
du sacrum (2)
- les pleurs causés par la douleur physique se transforment
en pleurs dus à une douleur morale (2)
- la tristesse saméliore en présence dautrui (6)
- triste, silencieux ; profond sentiment dintroversion
lorsquil est seul. (2)
7) Agitation,
mémoire, concentration
- agitation (1, 4, 5)
- agitation ; il ne peut trouver de position ou dendroit
adéquats pour se reposer, il laisse pendre son estomac sur le rebord dune chaise
(1)
- déambule avec agitation (1)
- lucidité mentale accrue et meilleure concentration (2, 10)
- fait des fautes en écrivant, confond les lettres (2)
- oublie les surnoms de ses proches, alors que ses
performances intellectuelles se sont plutôt améliorées ainsi que sa capacité
dapprendre. (2)
8) Relations
- troubles relationnels (2)
- remarque plus de distance entre lui et sa femme (2)
- fait des reproches à sa femme (2)
- limpression que lamour et laffection lui
sont acquis rend lexpérimentateur très heureux (1)
- sentiment de pouvoir accorder plus despace aux autres
quand il les rencontre. (10)
9) Ordre et travail
- met les choses en ordre (1, 11, 2, 7, 9)
- achète de nouveaux classeurs (7) ; sentiment quelle
garde trop de choses dans ses vieux classeurs
- il prend plaisir à tout ranger sans sy sentir
obligé, contrairement à dhabitude (11)
- grand empressement pour travailler (11, 2)
- il se sent mieux en travaillant (2, 9)
- dégoût du travail (2)
- a accompli aussitôt toutes les tâches qui auraient dû
être faites depuis longtemps (2, 9)
- plus déterminé et actif ; de bonne humeur (2, 9)
- a manqué un rendez-vous en se réveillant trop tard (5) (ce
qui nétait jamais arrivé auparavant à lexpérimentateur)
- aversion pour soigner ses patients, serait heureux si
quelques-uns annulaient leur rendez-vous. (2)
10) Intuition, libre
arbitre et expression, philosophie et religion
- plus de confiance dans son intuition et son activité (1, 2,
6, 8, 9, 10)
- ressent une meilleure affirmation de soi (10 ) ; par
exemple, lexpérimentateur réalise que cest à la personne qui travaille pour
lui de satisfaire à ses demandes, et non linverse
- détermination accrue (10)
- plein dénergie (2, 5, 8)
- sentiment religieux intense (2, 1, 6)
- plus équilibré, plus calme, plus patient (8)
- plus calme, moins nerveux ou contrarié lorsquil est
en famille (9)
- au cours de la pathogénésie, lexpérimentateur n° 1
a pris la décision de partir pour New York avec sa contrebasse afin de pratiquer son
style musical préféré, limprovisation, chez Cecil Taylor ; il sest pris
là-bas dune grande passion pour la littérature soufie.
Généralités
- sensation de pesanteur extrême qui écrase et pourrait
même faire passer à travers le sol (1)
- désir dêtre allongé sur le dos et à même le sol
(1)
- sensation davoir pris 20 kg en une nuit (5)
- le corps semble de plomb (5)
- sent le poids de son corps et la force gravitationnelle (2)
- remarque que la terre adhère à ses pieds, est contrarié
de dépendre à ce point de la terre (2)
Ce thème de la pesanteur correspond aux
premiers mots de Ruti [R6] : « Mon Dieu, comme cest pesant, cest
tellement pesant... » Le premier symptôme pourrait même suggérer que le sujet va
traverser le sol... pour descendre aux enfers ! Mais il est vrai que Plutonium est le plus
lourd des métaux actuellement disponibles en homéopathie.
- accès permanents de fatigue, mais qui disparaissent
rapidement (2)
- fatigue (5, 2)
- fatigue paralysante (6)
- travailler demande beaucoup deffort (5, 2)
- sensation de chaleur avec agitation croissante la nuit qui
lempêche de dormir, légère transpiration du visage (2)
- sensation de chair de poule : des frissons descendent par
vagues de froid le long de la colonne vertébrale par intervalles de quelques secondes et
sarrêtent en bas de la région lombaire (4) (il décrit les frissons comme de
légers chocs électriques)
- son corps entier frissonne (6)
- il/elle a froid. (7)
Tête
- sensation de chaleur intense à la tête et au visage (2)
- sa tête est très lourde, comme un poids énorme ; il a du
mal à garder la tête droite, il doit la soutenir pour quelle ne tombe pas (4)
- se tient la tête à deux mains au niveau des tempes et du
front, seuls les petits doigts se touchent (1, 4)
- céphalée sévère, sensation de pression dans la région
frontale, sensation comme si le sommet du crâne se soulevait, explosait (5) Ce
symptôme est le même que celui éprouvé par Linda [V12] dans la pathogénésie anglaise
{cann-i.}.
- sensation sourde dans la tête. (9)
Gorge
- sensation de sécheresse dans la gorge rendant impossible le
fait davaler de la nourriture. (6)
Organes des sens
- écoulements muqueux sécoulant par les choanes, mais
se tarissant difficilement (3) (un patient présentait des symptômes sévères
dhypertrophie adénoïde qui ont été guéris par Plutonium)
- guérison dun écoulement auriculaire qui durait
depuis quatre ans (2)
- sensation de chaleur au visage
- sensation de chocs électriques au bord de lil
gauche (comme des clignements) pendant trois heures environ. (5)
Poitrine
- sein droit hypertrophié et douloureux, sensation de
lourdeur et de plénitude ou de tension dans le sein (11)
- tension dans les seins, sensation que le fait de porter un
soutien-gorge serait plus confortable, que le fait davoir la poitrine relevée
serait agréable (4)
- palpitations. (6, 3)
Digestion
- selles fréquentes (2)
- selle en émettant un vent (distension) (2)
- selles visqueuses (2)
- insécurité lors du passage dun vent dans le rectum
(2)
- douleur aiguë dans labdomen, comme par des couteaux,
améliorée en contractant le corps. (7)
Règles
- les règles commencent avec deux jours de retard. (7) {sulf., ter.}
Extrémités
- douleur extrême dans la plante des pieds provoquée par des
ampoules sur les orteils et les cals ; les orteils sont les plus douloureux (1)
- douleur dans le genou gauche avec souffrance extrême,
douleur et sensibilité au froid dans lépaule droite (lorsque la douleur dans
lépaule droite sapaisait, celle dans le genou gauche empirait) (3)
- tension dans le psoas (7, 2)
- douleur latérale du genou (9)
- la jambe gauche tire vers lintérieur (7)
- sensation que la jambe gauche est plus courte (7) {sensation
quune jambe est plus courte que lautre : caust., cinnb., lycps., mez., nat-m.,
sulf., til.}
- crampe dans le mollet gauche (5)
- douleur postérieure dans la zone sacrée et la région
vertébrale (2, 7, 8),
- accompagnée dune agitation extrême la nuit (2)
- amélioration par une longue sieste laprès-midi (2)
- douleur comme si la colonne vertébrale était cassée ou
tordue (2)
- incapable de marcher debout (2)
- faiblesse dans les jambes causée par la sacralgie, les
jambes sont sans force (2)
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